À mon tour je construis des waves

logo de google wave

Depuis le 15 octobre, je suis l’heureux possesseur d’un compte Google Wave. Ce billet a donc pour objectif de faire un tour d’horizon de cette nouvelle application Google. L’outil peut être définit tel qu’un lieu de centralisation des communications électroniques, avec un très fort accent collaboratif.

Une fois que l’on a dit ça, le flou est toujours présent autour du rôle de cet outil. On peut également dire que Google Wave est à la croisée des chemins entre l’email, la messagerie instantanée et le wiki. C’est également un puissant outil de Mashup . Pour moi c’est du wiki temps réel, avec une approche semblable à l’option collaborative de Google doc (ou zoho doc).

Après quelques généralités, j’essayerai de vous faire percevoir l’utilisation concrète de l’outil.

First contact

Le premier contact est des plus déroutant. On se retrouve sur une interface proche d’un client mail : à gauche un menu renvoie vers des sections traditionnelles : Inbox, spam, settings, trash, … Dessous trône une liste de contact (avec un seul contact pour commencer). Au milieu, la liste des «waves», similaire à une liste d’email. A droite, le contenu d’une wave. Suis-je dans un client mail ? Oui, mais non en fait ;-)

Interface Google Wave

Un petit tour

C’est l’équipe australienne de Google, qui grâce aux désormais célèbre 20% de leurs temps de travail consacré à des projets « personnels », a mis au point cette nouvelle application. Il y a quelques années, ces même 20% avaient permis de lancer avec un certain talent Gmail.

L’équipe a tenté d’accueillir le mieux possible le nouvel utilisateur. Une wave (qui renvoie vers plusieurs autres), permet de découvrir le service, avec des tutoriels texte/image, ou par vidéos (qui sont souvent pleines d’humour). La preuve ci-dessous avec la vidéo d’introduction.

On découvre ainsi les premiers gadgets, robots, possibilités des waves. Mais très vite, on tourne en rond.

Pause Vocabulaire

C’est un peu la mode ces dernier temps non ? Chaque service essaye de développer un vocabulaire spécifique autour de ses fonctions. Twitter, un twitt, un poke, googeliser, … Wave n’échappe pas à cette tendance.

On a donc :

Wave (vague) : A la couleur et l’odeur d’un email (à première vue). C’est une conversation. Créee par un utilisateur, ce dernier peut y inviter robots et participants humains. Cela ressemble fortement à une conversation Gmail ou un thread de forum. On peut y mettre tout type de contenu : du texte, des images, des vidéo, des widgets, des cartes, des calendriers, des fichiers, ….

Wavelet (vaguelette) : portion de vague, la vaguelette ressemble à une série de sous réponses dans un flux de commentaires. Dans une conversation avec un groupe de participants, plusieurs d’entre eux peuvent se mettre à discuter dans leur coin de la vague, au travers d’une vaguelette. Cette « intra-discussion » peut être privatisée, et rendue accessible/visible à quelques participants de la wave seulement.

vaguelette

Blip : blip ? blip ? Non ce n’est pas le son que fait un post dans une wave. C’est seulement un message que vous postez. L’équivalent d’un message de conversation instantanée, d’un tweet, d’un mail, … C’est la plus petite unité de mesure dans une wave. Ci-dessous, 2 blips.

2 blips

Robot : un robot est un programme sur un serveur qui dispose d’une adresse wave et peut être ajouté à une wave pour y faire des opérations : donner le temps qu’il fait, traduire un message, surveiller les participants, faire des émoticônes… Le robot peut faire beaucoup de dégâts dans une wave car il peut être programmé pour modifier le contenu de chaque blip édité (tweety, cartoony…) Donc attention!

Gadget : un gadget est un bout de code en xml qui peut être ajouté depuis le bandeau d’édition, soit en utilisant un bouton dédié, soit en utilisant l’icône puzzle. Cela peut donc être une carte Google Maps, un jeu (sodoku), du code html, …

Un premier ami

Comme évoqué précédemment, Google Wave tout seul, c’est comme Live Messenger sans contacts, facebook sans amis. On s’ennuie ! Et on n’y voit pas grands intérêts.

Comme au lancement de Gmail, Google met en place un système de cooptation. 8 invitations sont donc à la disposition du nouvel arrivant, lui permettant d’inviter ses amis, et de profiter réellement des fonctions du service. C’est aussi un moyen pour Gmail de s’assurer d’avoir un minimum d’utilisateur actifs, qui pourront mettre à l’épreuve le système, mais aussi de contrôler la diffusion du service, avec une montée en charge douce des serveurs.

Malheureusement les invitations mettent un peu de temps à partir (2 jours dans mon cas). J’ai donc trouvé sur Twitter @stephanec avec qui j’ai pu faire mes premiers essais.

Ça commence comme de la messagerie instantanée

Après un lancement difficile (wave refresh la liste des waves avec de l’instantanée différé ^^ ) notre première wave a pu se construire. Comme dans une conversation de messagerie instantanée, l’un parle, l’autre répond. Petite originalité : chaque lettre frappée est envoyé au contact : on voit ainsi les messages se construire, les corrections live, les effacements, …

Très vite, on s’aperçoit du fort potentiel et de la simplicité d’insertion des contenus riches. Sous chrome (mais sous FireFox 3.5 aussi semble-t-il, mais chez moi ça ne marche pas ), on peut ainsi via un simple drag & drop déposer des photos, des fichiers, des pdf, … dans la wave. Une petite fonction permet comme dans Gmail de télécharger l’ensemble des documents d’un clic !

On peut également insérer des gadgets, faire un sodoku à 2, ….

Bascul vers le mode « wiki »

Alors que chacun part vers d’autres activités, il est bon de remarquer que wave fonctionne aussi sans que les participants ne soient présents sur la plateforme. On complète la conversation, et lors de la connexion suivante des autres participants à la wave, ils verront les nouveautés présentes sur cette dernière.

On peut également modifier nos blips (et celle des autres), y répondre avant après, …

Connecté – déconnecté :

Destinataire connecté : peut voir en temps réel les changements sur la wave, y répondre, et la modifier.

Destinataire non connecté : il retrouvera les modifications lors de sa prochaine venue. En appuyant sur la touche ESPACE il pourra sauter de modification en nouveauté. Un mode nommé playback permet de montrer sous la forme d’un film, d’une timeline, les modifications dans l’ordre où elles ont été réalisées.

Des humains et des droïdes

Chez Google, 2009 est en quelques sorte l’année des robots ! Entre Androïde (système d’exploitation pour téléphone portable) et le recours massif aux robots dans Wave, nos amis virtuels pullulent de toute part !

Sur Wave ils permettent donc d’automatiser un certain nombre de fonctions, et peuvent prendre entre autre les formes suivantes :

Transformer les smileys alphanumériques en smileys image, traduire en temps réel les blips, transformer une ligne de commande en une carte google map, twitter, poster une wave sur un blog, ….

On peut ainsi se retrouver à parler avec un robot !

De plus, une des originalités de l’application (grâce aux robots), outre le fait de pouvoir l’intégrer dans nombre de supports et applications multimédia, est de permettre l’exportation de vos wave vers d’autres horizons, ou de communiquer avec des applications externes.

conversations google wave

Jeunesse de l’application

Il faut avouer que tout n’est pas rose sur cette application récente. La première chose très frustrante est l’impossibilité d’imprimer, ou d’exporter en pdf une wave. Si l’on voit Google Wave comme un gros wiki, que l’on a construit des contenus en commun, c’est dommage ! Vivement un print bot :) !

La seconde chose qui m’interpelle c’est l’utilisation des robots et gadgets. Leur utilisation est très confuse. D’une part les robots : ils se trouvent dans la liste des contacts, n’ont pas (pour le moment) d’icône identifiable, et dès que l’on en a une dizaine, il devient difficile de se souvenir de leur fonction. Une info bulle quand on passe la souris sur un bot affichant une description de ce dernier serait une première idée. Mais on pourrait imaginer un menu « iphone » avec la liste des bots, une icône identifiable, et leur fonction.

On est sur le même type de problème pour les gadgets : potentiellement, le nombre de gadgets que l’on va utiliser risque d’être conséquent (en fonction de ce que nous proposent les gentils développeurs). Mais comme il s’agit le plus souvent d’une URL à insérer dans le champ gadget, il va être difficile de se souvenir de tout. Bien sur, on peut se faire une wave perso, avec une liste de gadget, mais ce n’est pas des plus intuitif et rapide en pleine discussion (quoi que l’espace d’affichage des waves permet d’afficher 2 waves en simultanée). Mais paradoxalement, on ne peut pas multiplier à l’infini les icones de widgets dans la barre de navigation, sous peine de casser la simplicité d’utilisation. Peut-être une liste déroulante ?

De même, il manque une liste des robots widget disponibles. Heureusement, une petite communauté existe déjà, et a commencé le travail d’inventaire ! Serai apprécié égalment, un historique des modifications.

Quoi qu’il en soit, il manque encore des astuces ergonomiques pour intégrer intuitivement gadgets et robots. Certains analystes annoncent que Wave débarquera dans les entreprises d’ici à 5 ans. En effet, bientôt sera disponible en open source le code de l’application et pourra être installé sur un serveur privé. On imagine que chaque serveur pourra communiquer avec les autres (à la façon d’identique d’identica). J’ai du mal à voir l’adhésion d’un grand nombres d’utilisateurs à ce service. À part pour les générations Y et C (et encore ), je pense qu’il sera difficile d’intégrer l’outil. Quand on voit aujourd’hui la difficulté de faire blogger en entreprise, ou de mettre un wiki de suivi de projet … Ce n’est pas le mélange des genres de Wave qui fera tomber simplement les barrières des habitudes.

Wave me semble être un outil exigeant, c’est un des premiers services web pour lequel j’ai lu de la doc, avant de prendre vraiment plaisir à l’utiliser. J’espère que ce billet vous éclairera sur certains de ces aspects.

Difficile de dire aujourd’hui si c’est l’outil de demain, un vaporware, le prochain service que Google fermera, … Personnellement je ne le pense pas. Il y a déjà une communauté francophone active, quelques waves « wiki » d’explication du fonctionnement général et d’entraide. J’ose imaginer que dans la sphère « geek » ou du travail collaboratif, Wave à de beaux jours devant lui. Comme toujours, il restera à savoir quelle est la place de la confidentialité des données sur un serveur Google, comment sera monétisé le service, quelle pérennité pour les informations, …

J’ai lu quelques commentaires indiquant que Google essaye de faire son Facebook-like au travers de Wave. Certes, se dire que c’est un réseau social, et que l’on peut y intégrer de nombreux médias, que chaque modification sur une wave amène à une notification dans l’inbox, …. Ressemble fortement à Facebook (ou à une simple conversation email ^^). Mais les 2 applications n’ont pour moi aucun point commun. L’un est un outil d’animation de réseau social, basé essentiellement sur les jeux à la con, le partage de photos de soirées, et le « 3615 my life », l’autre est un outil collaboratif, qui sera ouvert sur le monde.

schéma fonctionnement de google wave

Wait and See.

Lectures / Sources