Twitter : mon usage d’un outil générateur de frustrations

Suite à la première soirée du réseau Antic, on m’a interrogé sur ma pratique de twitter. Je vous propose ici un billet historico-empirique. Je ne prétends pas proposer ici un guide de l’utilisation de cet outil, d’autres l’on déjà très bien fait. Ce n’est qu’un retour d’expérience.

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En 2007 quand j’ai approché pour la première fois Twitter, j’y ai vu le signe d’une décadence créative : quel intérêt trouver dans un outil aux caractéristiques aussi minimalistes ? Il est en effet bien difficile d’avoir une discussion, un échange construit au travers de messages de 140 caractères.

À l’époque, l’outil est à l’image de la sclérose intellectuelle que l’on rencontre déjà depuis quelques temps sur Facebook : on y raconte sa vie sans aucune pudeur, on partage des détails de vie complètement intéressant. S’enchainent des échanges appauvris tels que « je mange une pomme », « je fais mes courses », « j’ai poney », … ou des liens kikoulolesques.

3 ans plus tard, un grand chemin a été parcouru, et l’on peut y trouver des contenus intéressants, pertinents, sans oublier un peu de fun (car il n’y a pas que le boulot dans la vie), de l’entraide et de belles rencontres.

Twitter ? what ?

Allez, pour les internautes qui auraient été cryogénisés pendant ces dernières années, un bref rappel s’impose :

Twitter c’est (en apparence) le plus petit maillon de la chaine des réseaux sociaux (en terme de fonctionnalité). Il permet d’échanger des messages de la taille d’un SMS (140 caractères).

Donc, si vous trouviez déjà que les statuts Facebook étaient une arnaque au niveau de la limite de caractère, vous risquez d’être surpris.

Chaque message échangé s’appelle un tweet (gazouillis). Ici aussi il va falloir apprendre un vocabulaire spécifique.

Quoi qu’il en soit, on peut véritablement se demander comment Twitter a pu gagner ses lettres de noblesse, avec si peu de possibilités : échanger un court texte, accompagné ou non d’un lien, il y avait déjà de nombreux outils qui permettaient de le faire.

Frustration #1 : suis-je seul ?

Comme pour tous les « réseaux sociaux », avant toute chose, il va falloir s’inscrire. Oui, encore un compte de plus !

Ce qui va vraiment être compliqué cher lecteur, si tu n’as pas déjà un compte, c’est de te trouver un nom de compte qui te convienne. Quand on arrive longtemps après la guerre, il ne reste que des miettes.

Une fois la première session ouverte, une première frustration fait son apparition, comme le souligne louis_marie_c : l’impression de solitude. J’imagine l’utilisateur qui arrive «pour découvrir », il se retrouve face au néant, fruit de sa non-connexion à d’autres membres de la communauté. Comme dit l’adage : « pas de followers, pas de contenu ».

Heureusement, aujourd’hui, cette première frustration est quelque peu atténuée, par des artifices mis en place par les concepteurs de l’outil au fur et à mesure de sa croissance : les profils « stars » suggérés. J’imagine qu’il y a beaucoup plus de transformations de nouveaux inscrits en comptes actifs avec ces systèmes.

Bien que follower (suivre) des comptes Twitter est un premier pas, on ne peut jauger l’intérêt de la plateforme qu’une fois que l’on est suivi soi-même. Suivre et être suivi en retour (si on a des contenus pertinents), ça pourrait faire un single non ?

Frustration #2 : follower/unfollower ?

On suit des gens, on est suivit par les mêmes/d’autres. Assez vite. Comme tout réseau d’échanges, il y a quelques règles fondamentales à respecter :

Ligne éditoriale : Je pense qu’il faut traiter 2 ou 3 grandes thématiques dominantes.  Afin d’alimenter notre réflexion et lancer des échanges intéressants, il est important de suivre des comptes qui traitent de thématiques similaires. Bien sûr, l’ouverture est également importante, il ne faut pas s’enfermer seulement sur nos passions. Mais, dans un premier temps, concentrez-vous sur un cadre.

La course aux contacts : Pour mes nouveaux followers, j’ai fait le choix de ne suivre que ceux qui développent un univers proche du miens. Mieux vaut privilégier la qualité des contacts que leur quantité. Alors oui, vous allez surement avoir des gens qui vont vous suivre, puis comme vous ne les aurez pas suivis en retour se désabonneront de votre compte. C’est la vie 🙂 Il faut se concentrer sur les contacts pertinents.

Les échanges : Un réseau social c’est fait pour échanger, partager. Alors faites-le ! Mais dans le respect de l’autre et de la net-étiquette. Cinq grandes interactions sont possible avec la communauté :

  • Commenter (reply-mention). Forme : @lecompte_twitter. On commente donc un tweet qui nous semble pertinent en s’adressant à l’auteur. Normalement, si tout va bien, votre tweet de commentaire sera relié au tweet commenté, pour permettre à son auteur de faire facilement le lien ;
  • Échanger/interpeler (mention): prend la même forme que le commentaire. Pas besoin de passer par un bouton reply ;
  • Re-diffuser (retweet). Forme : RT @lecompte_twitter. L’idée ici est de diffuser une information lu chez  @lecompte_twitter à votre communauté.  Comme toute bonne source, on la cite avant de se l’approprier ;
  • Apporter des contenus neufs ;
  • Échanger par messages privés.

Frustration #3 : la montée du chaos

Une fois atteint les  40 comptes suivis, je me suis retrouvé confronté à une sensation étrange de cacophonie. En suivant des personnes prolifiques, l’information va se mettre à défiler à grande vitesse.

Difficile de la contrôler, de l’analyser. Pour parvenir à endiguer cette vague, Twitter a mis en place dès l’origine un système de mots-clefs appelés hashtag (forme : #monclef) pour faciliter la recherche et le suivi d’information.

Depuis quelques mois est également apparu un système de liste, qui permet de regrouper des comptes de façon thématique. Mais même si le site Twitter évolue positivement au fil des mois, il ne permet pas à ses utilisateurs d’en tirer pleinement parti.

Frustration #4 : une api pour les connecter tous

Après avoir sombré rapidement dans l’utilisation de Twitter, j’ai fini par m’éloigner de la version “HTML” face à son manque d’ergonomie et de praticité. De façon ponctuelle le site dépanne, mais clairement c’est vite l’enfer pour répondre aux tweets qui nous sont adressés, voir les RT, …

Par chance, depuis le début de l’aventure, il s’est créé un écosystème d’applications, que l’on appellera ‘clients Twitter’, à l’instar des clients emails. Ils vont vous permettre d’avoir une vision plus globale de l’activité autour de votre compte, et faciliteront l’entretien de votre flux d’informations et des échanges avec vos camarades gazouilleurs.

Grace à eux, le service a rencontré le succès, et même si aujourd’hui la confiance entre Twitter et son réseau de développeurs n’est pas au beau fixe, il demeure incontournable. On trouve ainsi des applications desktop (que l’on installe sur nos ordinateurs), des applications full web et des applications mobiles.

Dans cet oasis de créativité, j’ai fait mon choix pour 3 outils :

TweetDeck desktop: il fonctionne sous la technologie Air d’Adobe, ce qui le rend disponible à l’installation sous Windows, OsX et Linux. Avantages : un système de colonnes thématiques qui permet d’isoler l’information (un hashtag, une liste, …) et le raccourcisseur d’url automatique (à ma connaissance c’est le seul qui le fait).

Seesmic Mobile : si je ne suis pas fan de l’application de bureau réalisée par Seesmic, je dois reconnaître que la version mobile est mon compagnon de tous les jours. Léger, fluide, on y retrouve toutes les fonctionnalités et même plus ! Comme la plupart des clients, on peut prendre une photo, ou une vidéo depuis son portable, et Seesmic va se charger de la publier sur le service adéquat (youtube, twitpic) et de vous retourner le lien pour le twitter.

Hoosuite : un outil cloud, qui ressemble fortement à Tweetdeck de par ses colonnes, mais propose en plus une structure à base d’onglets. Il ravira celles et ceux qui souhaitent faire de la veille très ordonnée (on imaginera un onglet par thématique, avec des colonnes arborant des comptes/listes/hashtags différents). Une fonctionnalité nouvellement arrivé permet de gérer à plusieurs un / des compte(s) Twitter. Idéal pour une entreprise, une agence de RP, ou un staff politique.

La frustration nait ici du fait qu’il faut tester plusieurs outils, et rouver ses marques. Mais au vu de l’efficacité gagnée, il n’y a aucun doute : c’est un travail indispensable.

Frustration #5 : l’infobésité

On pourrait presque appeler cela le syndrome Twitter : il est frustrant de ne pouvoir tout lire, tout voir. Même si il faut bien se faire une raison, j’ai l’impression régulière de louper des informations intéressantes et capitales. Mais, je me soigne.

La notion de web temps réel renforce cette sensation de manque, et et l’oubli de la prise de recul.

De la frustration à l’échange

Au final, Twitter n’est pas différent d’un autre service, en ce sens où il  faut prendre de nouvelles habitudes, acquérir un nouveau langage et s’installer au sein d’une nouvelle communauté.

Mon quotidien de twittos est le suivant :

  • Cet outil à presque remplacé mes fils Rss dans mon cycle de veille.
  • J’ai découvert une diversité d’informations. Bien que comme je l’ai souligné plus haut, je pense qu’il faut maintenir un minimum de ligne éditoriale, j’ai pu m’ouvrir à de nouveaux domaines.
  • J’ai fait de belles rencontres, virtuelles comme IRL. Car c’est bien là une des grandes forces de ce réseau : celle d’avoir des gens passionnés et intelligents qui aiment également les échanges de visu. Loin des évènements mainstream que produit Facebook (cf : apéro), Twitter permet de rassembler des communautés qualitatives, dans la convivialité la plus grande. Que ce soit les twunch, les twiner ou les rencontres photographiques, la mobilisation peu prendre des formes variées. Facebook ne me semble produire ce type de rencontres hors réseaux IRL.

Les outils complémentaires

Voici une liste d’outils que l’on peut également utiliser avec Twitter :

Twitter Tools pour WordPress: un outil qui permet de twitter le fait que vous avez publié un nouveau billet sur votre blog. On peut également récupérer de façon hebdomadaire l’ensemble de nos tweets de la semaine :

TwitterCounter : statistiques, prédictions, … ;

SpeadTwitt : twitter tranquillement au travail sans que ça se voit ;

ReadTwit : transformer vos tweets en flux Rss ;

Packrati.us :tous les liens présent dans vos tweets sont ajoutés à votre compte de bookmarks del.icio.us;

Twunfollow: pour savoir qui a arrêté de vous suivre.

TwitCam : stream live vidéo avec possibilité de commenter via twitter.

Et si vous êtes un grand débutant sur twitter, kriisiis vous aidera 🙂

Je tiens à remercier la communauté Twitter et Rafaelle pour leur aide dans la rédaction de ce billet. Vous pouvez me follower : @tangi.

11 Comments

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  • Aka

    Ben dis donc ! J’en reste sans voix. Quel billet !

  • Isabelle

    Bravo pour l’article j’ai toujours eu la flemme d’écrire un texte réflexif (eh hop je l’ai placé !) de retour d’expérience sur Twitter. Au bout de 8 mois me sens une vieille sur l’outil.. et il est loin le temps où je me parlais toute seule. Aller je vous livre quand même quelques petites notes de cette liste que j’avais initiée lors de mes 2 ou 3 premiers mois avec l’ami cuicui. L’idée m’était venu de créer cette liste car un mec (que je suivais à l’époque) en avait créé une pour lui genre “100 raisons de me suivre” mais bon passez mégalo (quoi que…)
    Voilà ce que ça a donné : du un peu n’importe quoi mais ça aide à dédramatiser. A l’époque je ne connaissais que très peu de mes followers de manière réelle donc vraiment j’avais l’impression d’être sur une autre planète (en 6 mois de temps ça a changé on s’est rencontré pour de vrai tout ça tout ça). Bon la liste :
    http://100raisons.fr/lecture.php?id=240

    Aller quelques outils de plus de ceux que Tangi a cité :
    – pour les débutants vous pouvez suivre http://twitter.com/apprendretwiter qui donne plein de liens pour les débutants (quand vous savez vous lacher l’affaire et hop unfollow parce que après…)

    – pour le #4 on m’avait conseillé Mixero (pas testé pourtant le conseil doit être très bon vu de qui ça vient)
    j’utilise aussi Splitweet pour gérer le multicompte et sa marque (ouais là je deviens grave mais ça marche bien sauf pour les méga url)

    – pour tenter de se repérer dans toutes les applis Twitter voici une mind map http://is.gd/buzR6 // perso j’ai abandonné parce que il y a de quoi se perdre…. Et faire de la veille sur la veille de Twitter bah boaf , c’est comme parler de Twitter sur Twitter (bah on sait on sait qu’on y est puisqu’on y est !)

    – pour ne pas être frustré d’écrire en 140 caract. on peut rajouter du texte avec ce genre d’outils http://is.gd/buBUY . En général 140 caract. peuvent suffire sinon je pense qu’on ne tient pas plus d’1 semaine). Difficile effectivement pour entamer un dialogue mais je dirai que twitter c’est pas fait pour ça. Alors éternelle question “Mais Twitter ça sert à quoi ? ah bah euh…. A vous de tester ! bon on n’est pas loin….

  • Tangi Bertin

    Merci pour ce beau complément isa … 🙂

  • Tangi Bertin

    j’ai cru en perdre mes doigts !

  • Julien Morice

    Bravo Tangi,
    Excellent ;), j’ai appris plein de choses ! En plus tu pèses les pour et les contres (l’infobésité). Vivement la présentation orale :).
    Julien

  • Yohann

    Article très intéressant ! D’autant plus pour moi qui débute sur Twitter. Merci pour ce retour d’expérience

  • rafaelle

    Ce fut un plaisir! Et le billet est vraiment plus sympa avec toute la mise en page!

  • rafaelle

    même le monde.fr nous dit d’aller chercher l’information sur twitter…. :
    “En savoir plus :

    Suivez le compte Twitter d’Eurocontrol.”
    C’est pas fou ça??

  • Emilie Bouvrand

    Yes, beau billet. Belle démarche réflexive 🙂

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